Accueil | Plan du site | Recherche | Commentaires | English

IntroductionCommission canadienne de sûreté nucléaireLes réacteurs nucléaires CANDU sont ils sûrs?Trois principes essentielsAccidents de réacteurs nucléairesDéchets nucléairesExtraction d'uranium et protection de l'environnementRetraitement du combustibleNon-proliférationTemps, distance et blindageTransport des matières nucléairesAssurance Oilrig
 
Le saviez-vous?

Les rayons X n’ont pas assez d’énergie pour traverser les os ou le métal.

Pour en savoir plus :
Rayons X

Pour avoir accès à une leçon sur le sujet :
Qu’est-ce que le rayonnement? – Jeopardy

accident_title

Tchernobyl

Ukraine Map

Le 26 avril 1986, la pire catastrophe nucléaire de l’histoire s’est produite dans la tranche 4 de la centrale de Tchernobyl en Ukraine (qui faisait alors partie de l’Union soviétique). La rupture du réacteur provoquée par deux explosions a libéré dans l’atmosphère des radionucléides qui se sont propagés sur une distance de plusieurs kilomètres, contaminant ainsi la région environnante. Les radionucléides rejetés ont alors causé une contamination à grande échelle, car ils se sont propagés sur la plus grande partie de l’Europe et ailleurs dans le monde.  

Cet accident était attribuable à une conception inadéquate et à des procédures d’exploitation dangereuses. Les mécanismes d’arrêt automatique avaient été désactivés avant un test visant à déterminer pendant combien de temps les turbines tourneraient et produiraient de l’énergie pendant une panne de courant. À mesure que le flux d’eau de refroidissement diminuait, la puissance augmentait. Lorsque l’opérateur a tenté d’arrêter le réacteur instable, la puissance a augmenté soudainement, provoquant ainsi la rupture des éléments combustibles. La force de la vapeur a soulevé le couvercle du réacteur, projetant ainsi des produits de fission dans l’atmosphère et les environs.

Chernobyl

Au cours de l’année de l’accident, l’explosion a causé directement le décès de 28 travailleurs par suite du syndrome d’irradiation aiguë (SIA). Trois autres travailleurs sont morts d’autres causes non liées aux rayonnements. Sur les 134 membres du personnel d’urgence ayant reçu un diagnostic de SIA, 19 autres sont décédés entre 1987 et 2004, mais le syndrome n’était pas en cause dans tous les cas. Quant à la population, elle a reçu des doses relativement faibles de rayonnement et on n’y a observé aucun cas de SIA.

Chernobyl

Agrandir la carte

Cinq millions de personnes vivant dans les zones « contaminées » au Bélarus, en Russie et en Ukraine reçoivent maintenant une dose de rayonnement inférieure à 1 milliSievert (mSv) en plus du rayonnement naturel. La dose de rayonnement naturel (dans le monde) est comprise entre 1 et 10 mSv, soit 2,4 mSv en moyenne. Ces populations sont exposées à une dose de rayonnement plus faible que les habitants des régions où le niveau de radon est élevé. Après l’évacuation de 116 000 personnes d’une zone hautement contaminée au printemps 1986, quelque 220 000 autres ont été déplacées plus tard. Outre les trois pays susmentionnés, certaines zones de l’Autriche, de la Bulgarie, de la Finlande, de la Grèce, de l’Italie, de la Norvège, de la Moldavie, de la Slovénie, de la Suède et de la Suisse pourraient être considérées comme contaminées.


Sommaire des doses de rayonnement cumulatives moyennes reçues par les populations touchées par les retombées de Tchernobyl
Catégorie de population
Nombre
Dose moyenne
(mSv)
« Nettoyeurs »
(1986-1989)
600,000
~100
Personnes évacuées de la zone hautement contaminée (1989)
116,000
33
Habitants des zones sous haute surveillance
(1986-2005)
270,000
>50
Habitants des autres zones « contaminées »
(1986-2005)
5,000,000
10-20
Source : Forum de Tchernobyl, Chernobyl’s Legacy: Health, Environmental and Socio Economic Impacts and Recommendations to the Governments of Belarus, the Russian Federation and Ukraine, 2006, p. 14

Au cours des années écoulées depuis l’accident, on a observé une augmentation du nombre de cas de cancer de la thyroïde, en particulier chez ceux qui étaient enfants ou adolescents à l’époque. Sur près de 5 000 cas déclarés, 15 personnes étaient décédées en raison de la progression du cancer en date de 2002. L’iode 131 libéré a entraîné une augmentation du nombre de cas de cancer de la thyroïde. Comme ce radio‑isotope a une demi‑vie d’à peine 8 jours, il aurait été ingéré peu de temps après l’accident. Le césium 137, ayant une demi‑vie de 30 ans, est le radionucléide le plus important après la période initiale, car il est responsable des doses de rayonnement les plus importantes maintenant et dans un proche avenir.

D’après le rapport du Forum de Tchernobyl tenu à l’occasion du 20e anniversaire de l’accident, il est très difficile d’évaluer le nombre de décès supplémentaires liés au cancer. La période pendant laquelle on peut contracter un cancer varie entre 5 ans et plus de 20 ans selon la forme de cancer. Toutefois, d’après les leçons tirées de l’examen de la situation à Hiroshima et à Nagasaki, on estime à 4 000 le nombre de décès supplémentaires attribuables au cancer parmi les 600 000 travailleurs connus sous le nom de « nettoyeurs » qui ont retiré les débris du site. Comme environ 200 000 de ces travailleurs contracteront un cancer au cours de leur vie, toutes causes confondues, l’augmentation du risque de cancer inférieure à 1 % ne sera pas perceptible. Parmi les 5 000 000 personnes vivant dans les zones contaminées, le taux d’augmentation devrait être bien en deçà de 1 %. Certains ont remis en question ces prévisions et mené leurs propres études (par exemple, Torch), mais leurs détracteurs les accusent de parti pris et de méconnaissance des nouvelles découvertes en radiobiologie.

Dans un communiqué de presse diffusé en 2006, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé de renforcer l’appui aux survivants et de redoubler d’efforts, dans le cadre des activités de revitalisation des populations et des zones touchées, pour communiquer au public et aux principaux professionnels des renseignements exacts concernant les répercussions sanitaires de la catastrophe de Tchernobyl. L’OMS continue de déployer des efforts pour améliorer les soins de santé offerts à ces populations en créant des programmes de télémédecine et d’éducation et en appuyant la recherche connexe.

Références :

www.world-nuclear.org/info/chernobyl/inf07.html
http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2006/pr20/fr/index.html
www.cna.ca/english/pdf/nuclearfacts/NEI-Chernobyl-Accident-Consequences.pdf
www.iaea.org/Publications/Booklets/Chernobyl/chernobyl.pdf
www-pub.iaea.org/MTCD/publications/PDF/Pub1239_web.pdf
www.greens-efa.org/


Three Mile Island: 1979

accidentLa centrale américaine de Three Mile Island, qui se trouve près de Harrisburg, en Pennsylvanie, comprend deux réacteurs à eau sous pression (REP). Un de ces REP, d’une puissance de 800 MWe est entré en service en 1974 et il demeure l’un des réacteurs les plus performants aux États‑Unis. La tranche 2 (TMI‑2), d’une puissance de 900 MWe, était pratiquement neuve.

Au moment de l’accident, à 4 h du matin le 28 mars 1979, le réacteur fonctionnait à 97 % de sa puissance. Une défaillance relativement mineure du circuit de refroidissement secondaire a fait grimper la température du caloporteur primaire, ce qui a déclenché l’arrêt automatique du réacteur en environ une seconde. À partir de ce moment, une soupape de sûreté est restée ouverte, mais les instruments ne l’indiquaient pas. La quantité de caloporteur primaire qui se vidait était telle que la chaleur résiduelle dans le cœur du réacteur ne s’évacuait pas. Le cœur a subi alors de graves dommages.



Three Mile Island


Agrandir la carte

Les opérateurs ont été incapables de poser un bon diagnostic ou de réagir adéquatement à l’arrêt automatique imprévu. L’accident découlait avant tout d’instruments défaillants dans la salle de commande et d’une formation inadéquate en matière d’intervention d’urgence

La séquence des événements

Dans les secondes qui ont suivi l’arrêt, la soupape de sûreté à commande assistée, sur le circuit de refroidissement du réacteur, s’est ouverte comme prévu. Toutefois, alors qu’elle aurait dû se refermer une dizaine de secondes plus tard, cette soupape est restée ouverte, si bien que le caloporteur crucial s’est écoulé vers le réservoir de décharge. Les opérateurs ont cru à tort que la soupape de sûreté était fermée, car les instruments indiquaient qu’un signal de fermeture avait été envoyé. Toutefois, ils ne disposaient d’aucun instrument pour montrer la position réelle de la soupape.

Par suite de la perte de caloporteur, des pompes à injection à haute pression ont automatiquement injecté l’eau d’appoint dans le circuit du réacteur. Comme la soupape de sûreté laissait échapper de l’eau et de la vapeur, l’eau de refroidissement a été poussée dans le pressuriseur, où elle a fait monter le niveau d’eau. (Le pressuriseur est un réservoir où le circuit de refroidissement primaire du réacteur maintient une pression appropriée dans le circuit. La soupape se trouve sur le pressuriseur. Dans un REP comme celui de TMI‑2, on maintient sous une très forte pression l’eau se trouvant dans le circuit de refroidissement primaire autour du cœur pour l’empêcher de bouillir.)

Les opérateurs sont intervenus en réduisant le débit de l’eau d’appoint. Dans leurs cours de formation, on leur avait appris que le niveau d’eau dans le pressuriseur est la seule indication fiable de la quantité d’eau de refroidissement dans le circuit. Or, comme le niveau augmentait dans le pressuriseur, les opérateurs ont tenu pour acquis que le circuit du réacteur était plein d’eau. Ils avaient aussi appris pendant leur formation qu’il fallait tout mettre en œuvre pour empêcher le pressuriseur de se remplir d’eau, car cela pouvait les empêcher de régler la pression dans le circuit de refroidissement, qui pourrait alors se rompre.

De la vapeur s’est alors formée dans le circuit de refroidissement primaire du réacteur. Les pompes du circuit de refroidissement ont commencé à vibrer parce qu'elles pompaient un mélange de vapeur et d’eau. Pour éviter que les fortes vibrations n’endommagent les pompes et ne les rendent inutilisables, les opérateurs les ont arrêtées, mettant ainsi fin au refroidissement forcé du cœur du réacteur. (Comme le pressuriseur semblait plein, les opérateurs ont cru à tort que le circuit était presque plein d’eau.) Or, comme le caloporteur s’évaporait, le cœur du réacteur commençait à émerger de l’eau et devenait encore plus chaud. Les barres de combustible endommagées libéraient des matières radioactives dans l’eau de refroidissement.

À 6 h 22, les opérateurs ont fermé une vanne d’isolation située entre la soupape de sûreté et le pressuriseur, freinant ainsi la perte de caloporteur par la vanne de sûreté, mais la vapeur surchauffée et les gaz bloquaient l’écoulement de l’eau dans le circuit de refroidissement du cœur.

Tout au long de la matinée, les opérateurs se sont efforcés d’injecter davantage d’eau dans le système pour condenser les bulles de vapeur qui semblaient bloquer l’écoulement de l’eau de refroidissement. Pendant l’après‑midi, ils ont tenté de réduire la pression dans le système pour utiliser un circuit de refroidissement basse pression et assurer l’alimentation en eau de secours.

Rétablissement du refroidissement

À la fin de l’après‑midi, les opérateurs ont commencé à injecter de l’eau à haute pression dans le circuit de refroidissement du réacteur pour augmenter  la pression et réduire les bulles de vapeur. À 19 h 50 le 28 mars, ils sont parvenus à redémarrer une pompe de caloporteur, ce qui a rétabli le refroidissement forcé du cœur du réacteur. Comme la vapeur était condensée, la pompe pouvait fonctionner sans fortes vibrations.

Les gaz radioactifs provenant du circuit de refroidissement s’accumulaient dans le réservoir d’eau d’appoint dans le bâtiment des auxiliaires. Les 29 et 30 mars, les opérateurs ont utilisé un système de tuyaux et de compresseurs pour acheminer ces gaz vers les réservoirs de désintégration. Comme les compresseurs fuyaient, une certaine quantité de gaz radioactifs a alors été rejetée dans l’environnement.

La bulle d’hydrogène

Lorsque le cœur du réacteur a émergé de l’eau le matin du 28 mars, la température élevée a déclenché une réaction chimique entre l’eau et les tubes de zircaloy, qui a généré du gaz d’hydrogène. L’après‑midi, les instruments de la salle de commandes indiquant une augmentation soudaine de la pression dans le bâtiment réacteur témoignaient de la combustion d’hydrogène. En outre, il y avait accumulation d’hydrogène dans le haut de la cuve.

Entre le 30 mars et le 1er avril, les opérateurs ont éliminé cette « bulle » d’hydrogène en ouvrant périodiquement la vanne d’évent sur le pressuriseur du circuit de refroidissement du réacteur. Les représentants de la Nuclear Regulatory Commission (l’organisme américain de réglementation du nucléaire) ont cru pendant un certain temps que la bulle d’hydrogène pourrait exploser. C’était toutefois impossible, car il n’y avait pas assez d’oxygène dans le circuit.

Arrêt à froid

Le 27 avril, après un mois d’enfer, les opérateurs ont établi la circulation du caloporteur par convection naturelle. Le cœur du réacteur était alors refroidi par le mouvement naturel de l’eau et non par le pompage mécanique. La centrale se trouvait en « arrêt à froid »

Préoccupations du public et confusion

Quand on se rappelle l’accident de TMI‑2, c’est souvent dans le contexte des événements du vendredi et du samedi 30 et 31 mars, journées au cours desquelles la peur, le stress et la confusion ont atteint un sommet. Dans Crisis Contained, The Department of Energy at Three Mile Island,Philip L. Cantelon et Robert C. Williams décrivent très bien l’ambiance qui régnait alors et les éléments en cause. Cet ouvrage publié en 1982 est le compte rendu officiel du rôle du département américain de l’Énergie lors de l’accident.

« Deux événements semblent avoir fait du vendredi un point tournant dans l’historique de l’accident : l’augmentation soudaine de la pression dans le réacteur indiquée par les instruments de la salle de commande le mercredi après‑midi (la « combustion d’hydrogène »), qui faisait craindre une explosion d’hydrogène, a été portée à la connaissance de la Nuclear Regulatory Commission ce jour‑là; et l’évacuation délibérée de gaz radioactifs de la centrale le vendredi matin, qui ont donné lieu à une lecture de 1 200 millirems (12 mSv) directement au‑dessus de la cheminée du bâtiment auxiliaire.
« Ce qui a exacerbé la situation, c’est une série de malentendus causés en partie par des problèmes de communication au sein de différents organismes fédéraux et de l’État. Par suite de conversations téléphoniques confuses entre des personnes mal renseignées sur la situation à la centrale, les responsables ont conclu que la valeur de 1 200 millirems (12 mSv) constituait une lecture à l’extérieur du site. Par ailleurs, ils craignaient une autre explosion d’hydrogène et étaient convaincus que la Nuclear Regulatory Commission avait ordonné une évacuation et qu’une fusion du cœur était possible.
« Des communications brouillées rapportées par les médias ont suscité un débat concernant l’évacuation. La question de savoir s’il y avait ou non un plan d’évacuation n’a pas tardé à devenir purement théorique. Ce qui s’est passé le vendredi n’était pas une évacuation planifiée. En fait, nous avons assisté à un exode de fin de semaine fondé non pas sur la situation réelle à Three Mile Island, mais bien sur les spéculations des représentants des pouvoirs publics et des médias. Ce jour‑là, les communications désorganisées ont créé un climat de peur. »

Tout au long de leur ouvrage, Cantelon et Williams signalent que le département de l’Énergie (principale organisation responsable de l’échantillonnage) et le département des ressources environnementales de la Pennsylvanie ont prélevé des centaines d’échantillons environnementaux autour de TMI par suite de l’accident. Mais il n’y a eu aucune lecture inhabituellement élevée, sauf pour les gaz rares, et pratiquement pas d’iode. Les lectures étaient bien au‑dessous des limites sanitaires, ce qui n’a pas empêché la confusion et les renseignements erronés de provoquer une tempête politique.

Aucun effet des rayonnements sur la santé

L’accident de TMI‑2 a suscité des préoccupations concernant les répercussions possibles des rayonnements sur la santé, principalement les cas de cancer, dans la région de la centrale. C’est pourquoi le département de la santé de Pennsylvanie a maintenu pendant 18 ans un registre répertoriant plus de 30 000 personnes qui vivaient dans un rayon de cinq milles (environ huit km) de la centrale au moment de l’accident. En raison du manque de données faisant ressortir des tendances sanitaires inhabituelles dans la région, l’État a cessé de tenir le registre au milieu de 1997.

En fait, les auteurs de plus d’une douzaine d’études approfondies et indépendantes sur l’accident n’ont présenté aucune donnée indiquant un nombre anormal de cas de cancer à proximité de la centrale TMI pendant des années après l’accident, le seul effet détectable étant un stress psychologique avant l’accident et peu après.

Il ressort des études que les rejets radioactifs au moment de l’accident ont été minimes, bien inférieurs aux niveaux entraînant des répercussions sur la santé. La dose de rayonnement moyenne à laquelle sont exposés les gens vivant dans un rayon de 10 milles (environ 16 km) de la centrale était de 0,08 mSv et aucun individu n’a reçu une dose supérieure à 1 mSv. La dose de 0,08 mSv est à peu près égale au rayonnement reçu pour une radiographie pulmonaire, tandis que celle de 1 mSv représente environ le tiers du rayonnement naturel moyen auquel sont exposés les habitants des États‑Unis durant une année.

En juin 1996, soit 17 ans après l’accident de TMI‑2, la juge Sylvia Rambo de la Cour de district des États‑Unis de Harrisburg a rejeté un recours collectif alléguant que l’accident avait eu des répercussions sur la santé. Les plaignants en ayant appelé de sa décision, leur appel est actuellement en instance devant la Cour d’appel du troisième circuit des États‑Unis. Toutefois, en rendant sa décision, la juge Rambo a :

  • cité des résultats montrant que les tendances en matière d’exposition prévues par les modèles informatiques de rejets étaient tellement comparables aux données recueillies grâce aux dosimètres de TMI disponibles au cours de l’accident que les dosimètres étaient probablement des instruments efficaces pour mesurer les rejets;
  • mentionné que la dose maximale à l’extérieur du site avait peut‑être été de 100 millirems (1 mSv) et que l’on prévoyait un taux d’incidence des cancers mortels inférieur à un;
  • précisé que les plaignants n’avaient pas prouvé leur allégation selon laquelle une ou plusieurs « explosions » d’hydrogène non signalées dans le réacteur avaient entraîné un ou plusieurs pics de rayonnement, aussi gardés sous silence, qui auraient produit un panache étroit mais très concentré de gaz radioactifs.

La juge Rambo a conclu : [Traduction] « Les parties à la poursuite en cours ont eu près de 20 ans pour rassembler des éléments de preuve à l’appui de leurs allégations respectives. […] La preuve présentée à l’appui des arguments des plaignants est manifestement faible. La cour a examiné le dossier en vain pour y trouver d'éventuelles preuves qui, considérées de la manière la plus favorable possible aux demandeurs, feraient véritablement ressortir une question factuelle essentielle justifiant le renvoi de leurs prétentions devant un jury

Plus d’une douzaine d’études approfondies et indépendantes ont évalué les rejets radioactifs et les effets possibles sur la population et l’environnement à proximité de TMI depuis l’accident survenu en 1979 à la tranche 2. La plus récente était une étude d’une durée de 13 ans portant sur 32 000 personnes. Or, aucune étude n’a révélé des effets nocifs sur la santé, par exemple, des cancers, pouvant être liés à l’accident.

Nettoyage de TMI 2

Le nettoyage du réacteur nucléaire endommagé à TMI‑2, qui s’est échelonné sur près de 12 ans, a coûté environ 973 millions de dollars américains. L’équipe s’est heurtée à des difficultés tout à fait uniques sur le plan technique et radiologique. Il a fallu non seulement décontaminer toutes les surfaces de la centrale et traiter l’eau utilisée et stockée pendant ces opérations, mais aussi retirer de la cuve du réacteur une centaine de tonnes de combustible d’uranium abîmé – tout cela sans compromettre la sécurité de l’équipe de nettoyage ou de la population.

Les responsables ont élaboré un plan de nettoyage, qu’une équipe composée de plus de 1 000 travailleurs qualifiés a mis en œuvre en toute sûreté et avec succès. En août 1979, on a expédié à Richland, dans l’État de Washington, les premiers lots de déchets radiologiques de faible activité attribuables à l’accident, marquant le début des travaux de nettoyage. D’après les mesures finales du combustible restant dans les pièces inaccessibles de la cuve du réacteur en 1991, aux dernières étapes du nettoyage, la cuve renfermait alors environ 1 % du combustible et des débris. Également en 1991, l’eau résiduelle a été pompée à l’extérieur de TMI‑2. Le nettoyage a pris fin en décembre 1993, lorsque la Nuclear Regulatory Commission a délivré à l’exploitant un permis l’autorisant à mettre en stockage sous surveillance la tranche 2 après le retrait du combustible.

Dès le début des travaux de nettoyage, on a coupé tous les liens entre la tranche 2 et TMI‑1. Aujourd’hui, TMI‑2 se trouve en stockage sous surveillance à long terme. On ne prévoit plus d’utiliser cette tranche. Les systèmes de ventilation et d’évacuation des eaux pluviales sont sous surveillance. L’équipement nécessaire pour maintenir la tranche en arrêt à long terme et en toute sûreté fait l’objet d’un entretien régulier.

Le retrait du combustible de la cuve du réacteur de TMI‑2 a été l’élément clé du nettoyage. Le combustible abîmé est demeuré immergé tout au long du retrait. En octobre 1985, après presque six années de préparatifs, les travailleurs, qui se tenaient sur une plateforme au‑dessus du réacteur en manipulant des outils à long manche, ont commencé à soulever le combustible pour le placer dans des silos suspendus sous la plateforme. Au total, 342 silos de combustible ont été expédiés en toute sûreté en vue de leur stockage à long terme au Idaho National Laboratory. Ces travaux ont pris fin en avril 1990.

Dans le cadre des opérations de nettoyage de TMI‑2, on a récupéré plus de 10,6 mégalitres d’eau générée par l’accident, qui a ensuite été traitée, stockée et, à terme, évaporée en toute sûreté.

En février 1991, la National Society of Professional Engineers a reconnu que le programme de nettoyage de TMI‑2 constituait l’une des réalisations techniques les plus remarquables menées à bien aux États‑Unis en 1990.

On trouvera dans le site Web de la NRC (en anglais seulement) une fiche de renseignements sur TMI ( Factsheet on TMI).

TMI 1 : Sûreté et résultats de calibre mondial

Depuis son redémarrage en 1985, la tranche 1 de Three Mile Island est exploitée en toute sûreté et avec une grande fiabilité. Les leçons tirées  de l’accident de TMI‑2 contribuent grandement à la performance exceptionnelle de la centrale.

En 1997, TMI‑1 a atteint la séquence d’exploitation la plus longue pour un réacteur à eau légère de l’histoire de l’énergie nucléaire dans le monde – 616 jours et 23 heures de fonctionnement sans interruption. (Cette séquence a aussi été la plus longue parmi toutes les centrales à vapeur aux États‑Unis, en incluant les centrales à combustible fossile.) Et, en octobre 1998, les employés de TMI ont franchi le cap des trois millions d’heures de travail sans accident causant un arrêt de travail.

Au moment de l’accident de TMI‑2, la tranche 1 était à l’arrêt pour le chargement du combustible. Elle est restée fermée durant les longues procédures de la Nuclear Regulatory Commission. Pendant l’arrêt, on a modifié la centrale et remanié les procédures de formation et d’exploitation à la lumière des leçons tirées de l’accident.

Lors du redémarrage de TMI‑1 en octobre 1985, la société General Public Utilities avait promis que la centrale fonctionnerait de façon sûre et efficace et qu’elle deviendrait un chef de file de l’industrie nucléaire. Elle a tenu promesse.

  • Le coefficient de production de la centrale en 1987, y compris pendant trois des cinq mois d’arrêt pour le chargement en combustible et la maintenance, s’établissait à 74,1 %, comparativement à une moyenne de 62 % à l’échelle de l’industrie. (On entend par « coefficient de production » la quantité d’électricité produite en comparaison de la puissance nominale de la centrale.)
  • Selon Nucleonics Week, le coefficient de production de TMI‑1 a atteint 100,03 % en 1989, au premier rang parmi les 357 centrales nucléaires du monde entier.
  • En 1990 et1991, TMI‑1 a fonctionné pendant 479 jours consécutifs, ce qui représentait à l’époque la séquence d’exploitation la plus longue de l’histoire de l’énergie nucléaire commerciale aux États‑Unis. La NRC l’a d’ailleurs classée parmi les trois centrales les plus sûres au pays au cours de cette période.
  • À la fin de 1994, TMI‑1 était l’une des deux premières centrales de l’histoire de l’énergie nucléaire commerciale aux États‑Unis à enregistrer sur une moyenne de trois ans un coefficient de production supérieur à 90 % (son coefficient de se chiffrait à 94,3%).
  • En octobre 1998, les travailleurs de TMI avaient à leur actif deux années entières sans blessure causant un arrêt de travail.
  • Depuis son redémarrage, TMI‑1 a toujours obtenu d’excellents résultats dans le programme d’évaluation systématique du rendement des titulaires de permis mis en œuvre par la NRC

TMI‑1 a été achetée en 1999 par AmerGen, nouvelle coentreprise réunissant British Energy et PECO Energy.

Améliorations à la formation

La réforme de la formation figure parmi les résultats les plus importants obtenus dans la foulée de l’accident de TMI‑2. Ainsi, on a commencé à articuler la formation autour de la protection de la capacité de refroidissement de la centrale, quel que soit le problème en cause. Au moment de l’accident, les opérateurs de TMI‑2 consultaient un guide de procédures pour déterminer celles qui semblaient correspondre à la situation. Ils suivent maintenant une séquence de questions « oui / non » pour avoir l’assurance, en premier lieu, que le cœur du réacteur demeure immergé. Ils déterminent ensuite la défaillance qui pose problème. On parle maintenant d’une approche « fondée sur le symptôme » pour intervenir en cas d’incident dans la centrale. Cette approche repose sur un style de formation qui donne aux opérateurs une base pour comprendre les aspects à la fois théoriques et pratiques de l’exploitation.

L’accident de TMI‑2 s’est aussi traduit par la création de l’Institute of Nuclear Power Operations (INPO), établi à Atlanta, et de sa National Academy for Nuclear Training, deux organisations industrielles efficaces en matière de promotion de l’excellence dans l’exploitation des centrales nucléaires et l’accréditation de leurs programmes de formation.

La National Academy for Nuclear Training a été créée en 1985 sous les auspices de l’INPO, qui avait lui‑même vu le jour en 1979. Jusqu’à maintenant, l’INPO a soumis le programme de formation des opérateurs de TMI à quatre examens d’accréditation.

La formation ne se limite plus à pousser des boutons. Loin de là. Les communications et le travail d’équipe, qui mettent l’accent sur une interaction efficace entre les membres de l’équipe, font maintenant partie intégrante du programme de formation de TMI.

Près de la moitié de la formation des opérateurs se fait sur un simulateur électronique en grandeur réelle d’une valeur de 18 millions de dollars, qui permet aux opérateurs  non seulement d’apprendre, mais aussi de passer des tests couvrant tous les types de scénarios d’accident.

Amélioration de la sûreté et de la fiabilité

Grâce aux leçons tirées de l’accident de TMI‑2, l’industrie a resserré la rigueur dans la formation, l’exploitation et la consignation des incidents, ce qui l’a rendue plus sûre et plus fiable. L’Institute for Nuclear Power Operations (INPO) a encouragé cette évolution et en a fait un suivi étroit. Pour demeurer en règle, la centrale doit respecter les normes très élevées définies par l’INPO, ainsi que la réglementation stricte établie par la Nuclear Regulatory Commission des États‑Unis.

Le graphique illustrant l’évolution du nombre d’incidents importants, établi à partir de données compilées par la Nuclear Regulatory Commission, constitue un indicateur clé. Le nombre d’incidents importants a été ramené de 2,38 par tranche en 1985 à 0,10 à la fin de 1997.

Quant à la fiabilité, le coefficient de production médian des centrales nucléaires – pourcentage de la puissance nominale d’une centrale – est passé de 62,7 % en 1980 à près de 90 % en 2000. (L’objectif visé pour l’an 2000 était de 87 %.)

D’autres indicateurs sont suivis de près pour les centrales américaines par l’INPO et son pendant international, l’Association mondiale des exploitants de centrales nucléaires, notamment le coefficient de perte de capacité imprévue, les arrêts d’urgence automatiques imprévus, la performance des systèmes de sûreté, la performance thermique, la fiabilité du combustible, l’efficacité des procédés chimiques, l’exposition au rayonnement collective, le volume de déchets radioactifs solides et le taux d’accidents de travail. Toutes ces valeurs ont diminué, ce qui dénote une amélioration appréciable par rapport à 1980.

Sommaire

Ce qui est arrivé:

  • Le cœur du réacteur a cessé d’être immergé et plus du tiers du combustible a fondu.
  • En raison d’une instrumentation et de programmes de formation inadéquats à l’époque, les opérateurs n’ont pu réagir adéquatement pendant l’accident.
  • Les problèmes de communication survenus pendant l’accident se sont traduits par la diffusion publique d’informations contradictoires, qui ont alimenté les craintes de la population.
  • Des matières radioactives ont été rejetées de la centrale. Il s’agissait de rejets peu importants ne posant aucun risque pour la santé, comme l’ont confirmé des milliers de mesures et d’échantillons environnementaux et autres pris au cours de l’accident.
  • L’enceinte de confinement a fonctionné comme on l’avait prévu lors de la conception. Malgré la fonte d’environ le tiers du cœur, la cuve a contenu le combustible abîmé et son intégrité a été préservée.

Ce qui n’est pas arrivé

  • Il n’y a pas eu de « syndrome chinois » (titre d’un film sorti quelques semaines avant l’accident de TMI, dans lequel on laissait entendre qu’un réacteur dont le cœur fondrait risquerait de traverser la Terre jusqu’en Chine).
  • Hormis le stress initial, l’accident n’a entraîné aucune blessure ni aucun effet perceptible sur la santé.

Incidence à long terme

  • Les leçons tirées de l’accident ont permis une amélioration importante et continue du rendement de toutes les centrales nucléaires.
  • L’accident a aidé à comprendre la fusion du combustible et l’improbabilité d’une fusion du type « syndrome chinois » portant atteinte à l’intégrité du réacteur ou de l’enceinte de confinement.
  • L’érosion considérable de la confiance du public à l’égard de l’énergie nucléaire, particulièrement aux États‑Unis, a été une cause majeure du déclin dans la construction de centrales nucléaires dans les années 1980 et 1990.
Référence : 
Association nucléaire mondiale www.world-nuclear.org/info/inf36.html